Ressentis de Corée
Pour une fois, je ne vais pas vous parler de Taïwan (encore que !) mais de la Corée du Sud où nous sommes allés mi-juin.
Je voulais vous envoyer cette info-lettre plus tôt… mais nos dernières semaines à Taïwan ont été bien remplies, entre les retrouvailles avec les cousins américains en vacances et nos préparatifs de retour en France. Et puis, j’ai eu moins de temps pour écrire, notre loulou ayant fini l’école fin juin. Enfin, nous sommes rentrés en France avec un virus qui nous a bien fatigués… Mais me revoilà avec une info-lettre sur la Corée et une toute petite sélection de photos!
Pourquoi la Corée ?
Nous avons voulu profiter du fait d’être à Taïwan pour explorer un pays voisin plus au nord. Nous avons choisi le mois de juin, car il commence à faire très chaud et humide à Taïwan à cette période. D’ailleurs, au moment de notre retour fin juin, il faisait 34 degrés (ressenti 40 degrés ++) et il y avait un orage avec pluie diluvienne tous les après-midi ou presque! Cela rafraichit l’atmosphère...
Au départ, nous avions pensé au Japon… et puis, les récits de foules de touristes (impact de la dévaluation du yen et de la réouverture du pays après le Covid) et de longues queues pour n’importe quelle activité ont eu raison de notre motivation!
Nous avons donc choisi de nous mettre au “frais” en Corée pendant 13 jours, de Séoul à Busan en passant par Gyeongju. Nous avons quand même eu chaud en milieu de journée (avec plus de 30 degrés), mais les matinées et les soirées étaient encore relativement fraîches (une vingtaine de degrés) et très agréables. Et nous n’avons eu qu’une journée de pluie, la dernière à Busan.
Cela vaut donc la peine de venir en Corée à cette période de l’année, d’autant plus que tout était très vert, avec plein de sorte d’arbres, tous avec de belles feuilles vertes, dont de magnifiques érables, cerisiers, mûriers…



Impressions générales
J’ai aimé :
- Les ambiances de villages, les maisons traditionnelles, les palais reconstitués
- Voir les montagnes et la verdure un peu partout où nous sommes allés
- La plage à Busan
- Les temples à Gyeong-ju et Busan
- L’animation des marchés et rues commerçantes (même si parfois il y avait trop de musique, bruits, personnes, néons!)
- le bimbimbap, le kimchi présent quasiment à tous les repas, le croissant salé et même le croissant plat...



Côté circulation / transports :
J’ai apprécié qu’il y ait peu de scooters… cela rend les rues moins bruyantes et les trottoirs plus facilement accessibles.
Les bus sont agréables à prendre : les chauffeurs s’arrêtent à l’arrêt. Pratique quand on n’a pas eu le temps de leur faire signe! Et ils prennent le temps de vérifier que les passagers ont pu s’installer… bref, ils ne démarrent pas en trombe comme à Taipei !
En revanche, il vaut mieux se méfier des voitures : pas question pour un certain nombre de chauffeurs de ralentir à l’approche d’un passage piétons… c’est parfois plus l’inverse : nous en avons vu certains accélérer !
S’agissant du métro, je me suis habituée à avoir des escalators quasiment partout à Taipei… j’étais un peu étonnée de constater qu’il y en a très peu dans le métro à Séoul et à Busan. Ce n’est pas super pratique en poussette / valise… (toutefois, on me dit dans mon oreillette, que nous aurions pu prendre les ascenseurs…).
Nous avons aussi utilisé le train, un cousin du TGV, que je trouve mieux aménager : on peut mettre des bagages en hauteur, et les sièges se tournent pour être dans le sens de la marche.
Quelques différences au quotidien avec Taipei :
- Cela m’a fait bizarre de me retrouver dans un nouveau pays, où je ne comprends pas du tout la langue et l’écriture… (Je me suis habituée à l’environnement sino-taiwano-phone, même si je ne comprends pas grand-chose non plus!)
- La K-pop est très présente dans les commerces, restaurants et dans la rue.
- On voit souvent des jeunes hommes en tenue militaire. A tel point que j’ai cherché des informations sur la durée du service militaire : j’ai trouvé un site spécialisé dans la K-pop qui a écrit tout un article sur le sujet. J’ai retenu que le service militaire coréen est d’environ 2 ans ; il est obligatoire pour les hommes, et même les stars de la K-pop n’y échappent pas. Cela a donc des conséquences sur la vie des groupes, et des stars qui risquent d’être oubliées pendant ce temps-là. Certains artistes ont retourné la situation pour en faire une fierté. Bref, j’ai trouvé que c’était assez présent dans le quotidien à Séoul et à Busan.
- Tant que je suis à parler des jeunes hommes, j’ai trouvé aussi qu’ils se déplaçaient beaucoup en bande. Cela donne une énergie plus « yang », « testosteronée » que dans les rues de Taipei.
- Peu de personnes portent le masque.
- Il y a beaucoup plus d’églises qu’à Taïwan.
- Argent : beaucoup de choses se paient via des machines: commander un repas, notre l’hôtel à Busan… Cela crée un rapport différent avec les gens. Le cash est aussi moins utilisé qu’à Taïwan.
- Les sacs poubelles sont déposés dans la rue et ramassés le soir par les camions poubelles. On retrouve parfois certains sacs éventrés par les corneilles… ce n’est pas toujours très propre.
- Beaucoup de personnes d’un certain âge surtout les hommes s’adressaient à notre fils et insistaient beaucoup plus qu’à Taïwan pour avoir une réponse. Plusieurs d’entre elles lui ont même touché la tête. Il a reçu aussi beaucoup de cadeaux (sucettes, gâteaux…).
- Nous n’avons pas vu beaucoup d’artisanat. Est-ce que j’ai loupé quelque chose? La seule jolie boutique que nous ayons vue était au village hanok à Séoul. Cela contraste avec Taiwan où il y a toujours de la nourriture à rapporter en souvenir!
Séoul, entre histoire royale et K-Pop
Nous avons commencé par Séoul. Nous logions dans le quartier d’Ikseondong. Ça a été très agréable car nous avons pu faire beaucoup de choses à pied :
- Les 4 palais royaux principaux, et ses touristes habillés en tenue traditionnelle. Mon palais préféré a été Changdeokgung et son jardin secret. L’ambiance était plus tranquille que dans le premier palais visité, avec beaucoup moins de touristes (les 100 personnes présentes sur le site étaient là pour la visite guidée du jardin !).






- Le quartier de Bukchon avec ses maisons traditionnelles, les hanok, qui ont le chauffage au sol (quelle belle invention!!). Et aussi ses touristes, nombreux, au point qu’il y ait des panneaux demandant aux passants de parler doucement et des personnes (bénévoles?) avec des gilets jaunes circulant dans la rue pour rappeler la consigne. C’est aussi le seul endroit où nous avons vu une boutique vendant de l’artisanat (nourriture) de qualité.



- Le shrine de Jongmyo qui abrite les tablettes des esprits des anciens rois de Corée. Ils y reposent dans le calme et la verdure ! C’est bien appréciable.
- Voir une fois la cérémonie de la relève de la garde. (Ouf ! Nous sommes arrivés à temps pour voir la fin de la cérémonie… sinon, notre loulou aurait été très déçu.)
- Marcher le long de la rivière Cheong-gye-Cheon qui serpente d’Ouest en Est, s’asseoir sur un banc, balayer les feuilles mortes avec des bâtons, regarder passer un héron et une aigrette… et puis, repartir pour aller dîner au marché couvert de Gwangjang.
-Dans les allées du marché de Gwangjang, dîner d’une galette et d’une soupe de fruits de mer ; puis me laisser convaincre de faire la queue pour acheter des donuts torsadés malgré l’heure tardive (ça valait la peine, avec un petit goût de cannelle en plus du sucre!).
- Se perdre dans l’énorme marché de fripes de Namdaemum, chercher l’ombre sous les auvents des commerces et trouver une petite gargotte avec 3 tables tenue par une gentille dame.
- Prendre le téléphérique pour aller admirer la vue sur tout Séoul (que je ne pensais pas aussi étendue), en haut de la montagne Namsan, au pied de la Tour de Séoul.
- Déambuler en fin de journée dans le quartier de Myeon-dong, au milieu de pleins de jeunes, dans des rues piétonnes et commerçantes avec néons et K-pop à fond les ballons. Faire une pause à la cathédrale catholique.
- Finir par un petit restaurant recommandé par le guide Michelin mais ne pas vraiment pouvoir en profiter parce qu’il y a quelque chose qui ressemble furieusement à de la cacahuète dans la sauce des pâtes (déclenchement d’une allergie)...
Nous avons aussi pris le métro pour aller au musée national de Corée et admirer poteries anciennes, peintures, calligraphies, meubles laqués… Malheureusement, nous n’avons pas pu accéder au musée des enfants, car il fallait réserver une place à l’avance. Notre loulou était déçu mais nous nous sommes rattrapés, en allant manger une énorme glace (32 cm!) dans le quartier jeune et arty de Hongdae. C’était samedi : K-pop à fond là encore ! Beaucoup de chanteurs/chanteuses et danseuses proposaient leur spectacle dans la rue à la foule qui déambulait.









Gyeong-ju, haut lieu d’archéologie
Nous sommes ensuite partis en train à grande vitesse (cousin de notre TGV) pour Gyeong-ju, la capitale du royaume de Silla (qui a duré près de 1.000 ans).
En préparant notre voyage, je n’avais pas réalisé qu’il s’agit d’un gigantesque lieu d’archéologie. Des fouilles ont encore lieu dans plusieurs endroits.
Repartis sur plusieurs kilomètres, il y a plus de 50 tumulus que les archéologues ont identifiés comme des tombes de rois et reines de la période de Silla. L’une d’elles a été aménagée en une sorte de musée qui nous permet de comprendre de manière pédagogique ce que les fouilles ont permis de découvrir en 1973 : structure de la tombe, cercueil en bois et bijoux en or. Cela me rappelle les tumulus de Bretagne, à des milliers de kilomètres de là…
Il y a aussi le site reconstitué du palais Donggung et de l’étang d’Anapji. A la nuit tombante, cela fait des photos très instagramables ! D’ailleurs, les agences de voyage l’ont bien noté puisque la foule de touristes arrive à ce moment-là.
Nous avons aussi bien aimé les temples de Bulguk-sa et Seokguram, qui sont situés un peu plus loin en bus. A première vue, le deuxième temple n’est pas très impressionnant : on ne voit pas grand-chose du magnifique bouddha en granit… mais on se demande comment ils ont pu à l’époque monter tous ces blocs de granit pour faire ce temple-grotte, aux proportions géométriques idéales. C’est assez incroyable ! Il y a quelque chose de particulier qui se dégage de cette montagne, et du chemin qui serpente dans la forêt entre les deux temples. (Nous l’avons descendu bien sûr, notre loulou sur les épaules de son papa).
Gyeon-ju a aussi été l’endroit où nous avons expérimenté deux nuits dans un hanok, maison traditionnelle, où nous avons dormi sur des futons, endroit idéal pour faire un faux combat de sumos… Nous avons apprécié d’être logés dans une maison et pouvoir profiter du jardin. Nos logeurs étaient aux petits soins pour nous.









Busan la portuaire vallonnée
Nous étions prévenus : les lieux à voir sont éclatés un peu partout dans la ville, qui est très étalée entre plusieurs grandes collines et le long d’une côte découpée avec plein de petites baies. Bref, un lieu idéal pour abriter des activités portuaires. L’importance de ces activités m’a d’ailleurs surprise : je ne m’attendais pas à un site aussi étendu, avec autant de bateaux de pêche, de porte-containers et de grues !
Ce que j’ai aimé à Busan, c’est de passer de zones très urbaines voire industrielles, à des parcs sur des collines boisées et vue sur mer. Et surtout passer du temps à la plage quasiment tous les soirs pour faire des châteaux de sable et des volcans.
Nous avions choisi de loger du côté de la plage de Songdo, la première plage aménagée de Corée. La localisation est intéressante, quand on veut à la fois visiter et profiter de la plage. Pour la baignade, compte tenu de la proximité du port, j’étais moins motivée qu’à la plage Haeundae (plus au nord) qui m’a eu l’air plus propre.
C’est une petite plage tranquille à cette époque de l’année. La baie est « habitée » par différentes statues, notamment celle d’une baleine qui m’a inspiré une magnifique histoire de baleineau venu passer ses vacances en Corée (il faut trouver des idées aux demandes d’histoires...). Pendant notre séjour, des douches temporaires y ont été installées en vue de la saison estivale: ça a passionné notre fiston ! Heureusement que nous avions un balcon ayant vu sur la plage pour pouvoir observer ce qui s’y passait.
C’était vraiment chouette de pouvoir combiner la plage aux visites. L’idéal avec un enfant !



Depuis Songdo, il y avait plusieurs lieux à visiter à proximité (une demi-heure maximum en bus) :
- prendre le périphérique depuis la plage pour aller jusqu’à un parc en hauteur, pour faire une belle balade qui monte et descend dans la verdure.
- le village de Gamcheon, très coloré, très touristique aussi, où les maisons sont accrochées à la colline. Ça m’a fait penser à Valparaiso.
- l’énorme marché aux poissons de Jagalchi : c’est le plus gros marché aux poissons et fruits de mer que j’ai vu. il y en avait tellement que ça nous a dégoûté tous les trois et que nous avons fini dans un resto végétarien !
- les marchés couverts de Gukje et de Bupyeong Kkangtong, sorte de bazars où on trouve de tout.









Nous avons eu le temps de faire plusieurs excursions plus excentrées.
D’abord, nous avons passé une belle matinée au temple de Haedong Yonggunga, au bord de la mer, qui était calme comme un lac ce jour-là. Cela donnait une ambiance très paisible, qui accompagnait bien les prières du jour, et ce malgré la présence des touristes.
Nous avons profité d’être dans cette zone pour découvrir la plage de Haeundae. Certains disent que c’est la Copacabana locale. Changement d’ambiance donc : c’est une plage qui m’a semblé un peu artificielle, entourée de gratte-ciel, avec des écrans géants, des restaurants, des maîtres-nageurs complément couverts de la tête au pied, une zone de baignade restreinte, et de la K-pop au loin.









Lors de notre dernière journée, pluvieuse, nous sommes allés visiter le temple de Beomeosa, dans la montagne. C’est mon préféré. Il y avait peu de visiteurs si ce n’est des pratiquants. L’ambiance était très tranquille ; j’étais bercée par la musique des gouttes de pluie qui tombaient sur les toits et dans les arbres. Très apaisant ! Et puis, tout nous a été facilité :
- alors que j’étais trempée sous ma cape de pluie peu efficace, une dame m’a offert un parapluie acheté à la boutique du temple.
- alors que nous nous demandions où nous allions manger, des bénévoles nous ont invités à manger un bimbimbap.
L’abondance !
Etre à Busan a aussi été l’occasion de découvrir l’histoire de l’Amiral Yi, un véritable héro qui n’a perdu aucune bataille navale et a réussi à mettre les Japonais en déroute, alors qu’ils étaient sur le point de conquérir la Corée (fin du XVIème siècle). Surtout, il a fait construire d’incroyables bateaux tortues.



En conclusion, ce voyage m’a appris aussi des choses sur Taïwan. M’éloigner m’a permis de me rendre compte:
- du bain spirituel dans lequel nous sommes là-bas. Les processions régulières, les rituels de pleine lune et nouvelle lune… les salutations aux divinités quand on passe devant un temple…
- Une sensation de quelque chose de plus doux à Taïwan dans les rapports humains;
- L’importance de la nourriture à Taïwan!
- Le bain linguistique dans lequel j’ai été pendant 9 mois avec une perte de repères en Corée!
Même si nous sommes rentrés en France, je garde l’envie de continuer de vous partager des lieux et expériences que nous avons vécues à Taïwan.
Je vous souhaite un bon été !

